FEMMES EN SCIENCE

Chiara Lastoria
Physicienne, post-doctorante

Francesca Gulminelli
Physicienne, Enseignante-Chercheuse

Ilham Dekhissi
Doctorante en physique

Nathalie Marie
Physicienne, Enseignante-Chercheuse

Giulia Tosetti
Doctorante en physique

Cathy Fontbonne
Ingénieure de recherche

Audrey Anne
Doctorante en physique

Lynda Achouri
Physicienne, Chercheuse

Raïssa Costa-Barroso
Doctorante en physique

Emeline Oliveira
Doctorante en physique
Historiquement, l’astronomie, la physique, l’ingénierie n’ont jamais été des domaines féminisés. Cependant, aujourd’hui, avec détermination et grâce à une prise de conscience collective, femmes et hommes unissent leurs forces pour combattre ces préjugés. En travaillant ensemble, nous sommes convaincus que la science progresse plus rapidement lorsqu’elle bénéficie de la controbution de toutes et tous !
Ces portraits et interviews décrivent le profil de femmes scientifiques au Laboratoire de Physique Corpusculaire de Caen


Chiara Lastoria
« Depuis mon enfance, la curiosité et l’imagination ont toujours été mes moteurs. J’aimais à la fois la littérature et la science, ce qui a rendu la choix difficile. À l’origine, je voulais devenir journaliste, mais j’ai compris que je cherchais un défi plus grand. C’est ainsi que j’ai opté pour la physique des particules. J’ai étudié à l’université de Rome, puis mon doctorat en physique des neutrinos à Madrid, et mes post-doctorats en France. Néanmoins, je continue de cultiver mon amour pour l’art pour garder un bon équilibre dans ma vie. »
Quelle est ta plus grande réussite ?
« Être là où je suis maintenant: adolescente, je rêvais de vivre en France et me voilà. Je suis née dans un petit village, mais j’étais impatiente de découvrir le monde. J’ai souvent douté, mais je n’ai jamais abandonné ! J’ai vécu des expériences que je n’aurais jamais imaginées, dans de nombreuses villes et j’ai rencontré des gens qui sont aujourd’hui de grands amis. Je me sens chanceuse ! »
Francesca Gulminelli
« Je n’ai jamais eu une vocation précoce vers la physique. J’ai toujours été intéressée par plein de domaines différents. J’hésitais entre les lettres anciennes et l’éthologie: la seule chose claire c’était poursuivre des études longues et ambitieuses, puis trouver un métier qui fasse plus de sens que d’argent. Ma carrière a été la suite d’occasions et de rencontres, avec un peu de hasard et beaucoup de chance ! Aujourd’hui, je conçois des modélisations théoriques de la matière ultra-dense qu’on trouve au cœur des étoiles. »
Quelle est ta plus grande réussite ?
« J’ai ressenti une grande satisfaction à chaque petite “découverte”. En y réfléchissant, le résultat le plus marquant a été la création d’un Master Erasmus Mundus. Cette formation a offert des perspectives inédites de carrière et de vie à de nombreux jeunes brillants de divers pays. Je suis très fière d’avoir apporté cette petite brique à l’édifice de la science. »




Audrey Anne
« Depuis l’enfance, je suis curieuse d’apprendre comment fonctionnent les choses. Quel que soit mon domaine d’étude, je pense que j’aurais fini par faire de la recherche. La physique l’a emporté le jour où mon père m’a offert un livre sur le système solaire. De plus, j’ai eu la chance d’avoir des enseignants qui m’ont permis de réaliser de nombreuses expériences scientifiques. Je suis en deuxième année de thèse au LPC Caen au sein de l’équipe qui étudie la structure nucléaire, et comme je le souhaitais j’apprends de nouvelles choses chaque jour. »
As-tu un conseil à nous suggérer ?
« Les femmes se remettent souvent en question et doutent davantage de leurs capacités et de leurs idées. J’aimerais qu’elles aient plus confiance en elles, se sentent légitimes dans leur travail et sachent que leur place est pleinement méritée dans ce domaine. »
Ilham Dekhissi
« Mon parcours académique a toujours été animé par une véritable passion pour la physique. Après un cursus universitaire marqué par l’obtention de deux licences, j’ai poursuivi avec un master spécialisé en physique nucléaire à l’Université de Caen (NAC International : Noyaux Atomes et Collisions International). Suite à cette expérience, j’ai pris la décision de poursuivre ma carrière dans ce domaine fascinant. Aujourd’hui, j’ai signé un contrat de doctorat, où je vais mener une thèse aux côtés de chercheurs au LPC Caen. »
Quelle est ta plus grande réussite ?
« Ma motivation et mes résultats m’ont valu plusieurs reconnaissances, notamment le programme d’excellence Graduate School N2P aux niveaux Master 1 et Master 2, ainsi que le prix d’excellence de l’IN2P3 pour le « Master des deux infinis ». Ces succès, obtenus grâce au soutien et à l’encouragement de mes enseignants, m’ont permis d’assurer une situation stable, me donnant ainsi l’opportunité de me concentrer pleinement sur mes études et mes travaux, tout en m’efforçant constamment de progresser et d’aller plus loin. »




Cathy Fontbonne
« Je suis devenue ingénieure parce que les challenges techniques me stimulent. Après huit ans dans le privé, j’ai souhaité intégrer le CNRS, car cela me permet de travailler sur des projets innovants et variés. Je suis maintenant, parallèlement à mon activité de recherche, cheffe de service d’une équipe de 11 personnes. »
Quelle est ta plus grande réussite ?
« Une des réussites dont je suis fière, est d’avoir créé une bibliothèque logicielle pour le domaine de la radiothérapie. Cette bibliothèque est en accès libre, elle est téléchargée plusieurs centaines de fois par mois partout dans le monde par des physiciens médicaux hospitaliers pour leur recherche. »
Giulia Tosetti
« Mon parcours académique a toujours été animé par une véritable passion pour la physique. Après un cursus universitaire marqué par l’obtention de deux licences, j’ai poursuivi avec un master spécialisé en physique nucléaire à l’Université de Caen (NAC International : Noyaux Atomes et Collisions International). Suite à cette expérience, j’ai pris la décision de poursuivre ma carrière dans ce domaine fascinant. Aujourd’hui, j’ai signé un contrat de doctorat, où je vais mener une thèse aux côtés de chercheurs au LPC Caen. »
Quels sont les défis que tu as dû surmonter ?
« Pendant mes études à l’Université, j’ai souvent envisagé d’abandonner la voie que j’avais choisie pour me tourner vers quelque chose de moins exigeant. Cependant, j’ai travaillé dur et, malgré quelques défis, j’ai réussi à poursuivre une carrière de chercheuse. Aujourd’hui, je suis très heureuse d’avoir surmonté ces difficultés. »




Nathalie Marie
« J’ai toujours été très curieuse et eu envie de comprendre les choses. La physique est une discipline qui répond parfaitement à cette aspiration. Actuellement, je suis Maître de Conférences (MdC) à l’Université de Caen, et je mène ma recherche au LPC Caen. Je travaille sur une thématique qui est liée à la réduction des déchets nucléaires. Ma contribution à ce problème sociétal me motive dans mon travail de recherche. »
Quelles étapes as-tu franchies pour arriver là où tu es aujourd'hui ?
« J’ai préparé une thèse en physique nucléaire au GANIL. Ensuite, j’ai passé 2 ans au Cyclotron Institute, au Texas, pour un post-doctorat pendant lequel j’ai pu enseigner à Texas A&M University. Cela m’a permis d’obtenir la qualification pour devenir MdC en France. Mes classements en 2ème position sur plusieurs postes m’ont motivée pour être ATER au LPC, ce qui m’a permis de candidater sur le poste que j’occupe actuellement. »
Raïssa Costa Barroso
« J’adore les questions ouvertes parce qu’elles nous donnent la liberté d’imaginer plusieurs réponses possibles. J’adore la démarche qu’on utilise pour apporter des éléments de réponse à ces questions. J’adore développer et utiliser des outils qui permettent de construire ces réponses. J’adore l’échange, les discussions avec d’autres scientifiques. Finalement, c’est tout le processus, le quotidien de la recherche, qui me motive le plus. »
Quels sont tes meilleurs souvenirs ?
« Les meilleurs souvenirs que je garde ce sont les moments passés avec d’autres doctorants et chercheurs. Les scientifiques ont parfois une image assez particulière: on s’imagine un personnage aux propos obscurs, des cheveux décoiffés brûlés par le contenu d’un tube à essai manipulé maladroitement, et bien sûr, en blouse blanche. C’est vrai qu’on peut passer des heures devant un tableau rempli d’équations et de schémas, mais en réalité, on s’amuse beaucoup ! »




Lynda Achouri
« Depuis mes études à Alger, j’ai toujours été fascinée par la possibilité de mettre en équation ce qui nous entoure. En arrivant en France, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage au GANIL en astrophysique nucléaire, car intéressée par les étoiles. Cela m’a permis de comprendre le lien entre l’infiniment petit et l’infiniment grand. »
Quels sont tes meilleurs souvenirs ?
« Ceux lors de montage et de réalisation d’expériences sur des accélérateurs à travers le monde (France, Japon, Canada…). L’ambiance souvent conviviale de travail en équipe cosmopolite, malgré le stress engendré par le temps limité à disposition pour la réussite de l’expérience. Et la découverte de nouveaux pays et de nouvelles cultures. »
Emeline Oliveira
« Les questions “Pourquoi ? et “Comment ?” m’accompagnent depuis toujours. La recherche de compréhension du monde qui nous entoure est une source d’émerveillement pour moi. Enfant, je levais les yeux vers le ciel pour regarder les étoiles et le cosmos. Naturellement, lorsqu’il a été question de mon avenir, la voie scientifique était déjà toute tracée. Après un parcours multidisciplinaire, ma passion pour la Physique s’est révélée. J’ai choisi la Physique nucléaire, mêlant poétiquement la description de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. »
As-tu déjà douté dans ta carrière ?
« Comme beaucoup d’étudiantes, je me suis régulièrement demandée si j’étais à la hauteur. J’ai remis en question mes capacités, je me suis comparée aux autres. Les rencontres, le contact avec l’entourage scientifique ainsi que la confiance professionnelle qui m’a été accordée m’ont permis plus tard de me sentir légitime dans mon choix de carrière. »


Credits graphique, portraits et interviews: Chiara Lastoria (Jules Eckenschwiller, pour les portraits de C. Lastoria); avec l’aide précieuse de Gregory Lehaut et Sandrine Guesnon.
Merci à Lynda Achouri, Audrey Anne, Raïssa Costa Barroso, Ilham Dekhissi, Cathy Fontbonne, Francesca Gulminelli, Nathalie Marie, Emeline Oliveira,
Giulia Tosetti pour leur participation.
LPC Caen
LABORATOIRE DE PHYSIQUE CORPUSCULAIRE | CAEN
Contact
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